Vous avez décidé de fonder une entreprise en coopérative. Lors de la présentation initiale qui a été faite dans votre entourage, plusieurs ont sourcillé. « Une coopérative ? Drôle d’idée ! Mais au fait, qu’est-ce qu’une coopérative ? », a-t-on demandé.
Il y a plusieurs mythes qui entourent les coops. Tellement qu’elles ont fini par toucher l’imaginaire collectif.
Pourquoi ?
Les coopératives sont peu connues, donc peu répandues comme structure juridique. Ceci contribue à alimenter ces mythes. Voyons un peu.
Mythe 1 : les membres sont responsables des dettes de la coopérative
Une coopérative, c’est d’abord et avant tout une personne morale. Il y a donc une distinction entre ses membres et l’entreprise, contrairement aux entreprises individuelles. Aux yeux de la loi, la coopérative est responsable de ses dettes, tout comme dans les compagnies. La responsabilité financière, en cas de faillite de la coopérative, se limite à aux parts sociales des membres. Point.
Mythe 2 : les coopératives ne font pas d’argent
La coopérative est ensuite une entreprise. Elle doit générer des revenus. Elle ne doit pas vivre que de subventions, tout comme les entreprises individuelles, les sociétés en nom collectif ou les compagnies. Elles diffèrent des autres structures par l’obligation de soutenir leur communauté. De quelle façon ? Le choix leur revient.
Au Québec, le taux de survie des coopératives est nettement supérieur à celui des autres types d’entreprise. Voyez plutôt. Selon le ministère du Développement économique, de l’innovation et de l’exportation, 75% des coopératives demeurent en opération après trois ans, contre 48,2% pour les autres types d’entreprise. Après 5 ans, 62% des coopératives demeurent en activité, contre 35% pour les autres entreprises. Et sur 10 ans ? Devinez. Quatre coops sur 10 franchissent le seuil du 10 ans, contre 2 sur 10 pour les entreprises dites « traditionnelles ».
Alors, les coopératives ne font pas d’argent ? Pourtant, les exemples de succès pleuvent. Connaissez-vous la Coopérative fédérée du Québec, qui détient, entre autre, Sonic et Olymel ? Agropur ? Si vous avez étudiés au Cégep ou à l’université, vous avez sûrement acheté vos livres chez Coopsco. Ce sont toutes des coopératives. Et la radio M103,5 Fm ? Un bel exemple de coopérative de travailleurs.
Parions que vous connaissez les Caisses populaires Desjardins.
Mythe #3 : le vote démocratique freine la prise de décision.
En quelque sorte, la démocratie constitue la marque de commerce des coops. La première chose à la quelle la plupart des personnes à qui j’ai parlées me parlent du principe « une personne, un vote ». Ce positionnement est fort.
Dans une compagnie, ce sont les actionnaires qui sont propriétaires. Le nombre d’actions détenues déterminent le nombre de vote du possesseur. Une coopérative appartient à ses membres. Chacun a dû payer le même montant pour le même nombre de parts de qualification. En conséquence, chaque membre a le même pouvoir que les autres. Personne ne peut, seul, contrôler l’ensemble de l’entreprise, d’où la nécessité de faire des compromis.
Cette recherche de compromis s’exerce uniquement lors de l’assemblée générale des membres. Dans la vie de tous les jours, une coopérative se dirige de la même façon que tous les autres types d’organisation. Elle n’est dont pas plus compliquée à opérer qu’une autre entreprise.
Mythe 4 : il est obligatoire d’être membre d’une coopérative
L’adhésion volontaire des membres est un principe important en coop. On ne peut forcer quelqu’un à devenir membre, sauf quelques rares exceptions. Dans le journal L’Image, les entreprises peuvent annoncer dans le journal sans être membre. Ils ne bénéficieront pas de l’escompte et ne pourront pas recevoir de ristournes. Il faut être membre pour pouvoir se prémunir de ces avantages.
Mythe 5 : une coopérative, c’est pour les pauvres.
Il s’agit d’une association simpliste entre la fonction sociale de l’entreprise et son statut. Il est vrai que certaines coopératives s’adressent à une clientèle moins nantie. Il est également vrai que certaines compagnies font de même. Diriez-vous que les chaînes de magasins à 1$ s’adressent exclusivement aux personnes fortunées ? Pourtant, certaines sont cotées en bourse !
Chaque entreprise adopte son modèle d’affaires et s’adresse à une clientèle spécifique. C’est vrai pour les compagnies, les entreprises individuelles ainsi que pour les coopératives. La fonction sociale qui les anime teinte leur façon de faire des affaires; elles sont, règles générales, soucieuses du développement durable. Mais en rien les coopératives ne s’adressent uniquement aux personnes moins fortunées.
Vous démarrez une entreprise ? Vous auriez intérêt à penser coop !




